J’ai eu beaucoup de plaisir à participer l’émission «Terre des Hommes» diffusée dimanche soir 7 décembre 2025 et présentée par Paul Sugy et Madeleine Meteyer. Aux côtés de Julia Harnie, coureuse et coach de trail professionnelle, et Mael Besson, spécialiste de la transition écologique dans le sport, le débat proposé a permis, grâce à nos regards croisés, de poser les problèmes et de dépasser les clichés.

Cinq constats ont émergé de nos échanges :

1. Courir est bon pour la santé de chacun et ne détruit pas la nature si on ne triche pas avec soi-même et si on respecte les écosystèmes dans lesquels on évolue que l’on soit coureur ou organisateur.

2. La massification, la marchandisation et la mondialisation du trail génèrent des impacts négatifs sur l’environnement notamment dans le cadre des grands événements car ils sont conçus dans une logique d’accélération et de spectacularisation croissante qui laisse une empreinte écologique beaucoup trop importante sur le milieu. L’UTMB est le symbole de cette dérive entraînant dans sa roue d’autres organisations.

3. Il devient urgent d’inverser la tendance, de ralentir le rythme et de faire preuve de davantage de sobriété en pensant des événements plus éco-responsables qui ne soient plus orientés uniquement vers une croissance destructrice mais un développement raisonné. Il s’agit de trouver un meilleur équilibre entre intérêts économiques, enjeux socioculturels et exigences environnementales. Il n’existera pas demain de compétitivité économique sans compétitivité écologique et sociale.

4. Cette ambition ne peut pas être poursuivie uniquement par les organisateurs d’un événement . Elle nécessite un véritable projet territorial qui engage la responsabilité de tous les acteurs de l’écosystème concerné. Elle passe par la mise en œuvre d’une démarche éco-responsable (éco-conception-éco-gestion et éco-évaluation) et elle s’accompagne de critères d’éco-conditionnalité des subventions.

5. Beaucoup d’organisateurs en sont conscients mais sont souvent démunis pour agir en ce sens car l’évaluation du niveau d’éco-responsabilité d’un événement est une tâche complexe à réaliser. Il nécessite un cahier des charges tel que celui que je propose aujourd’hui à des organisateurs de trail, bâti à partir d’une grille de 12 indicateurs et 60 critères labellisés SEEVE.

Pour aller plus loin? plongez-vous dans la lecture de mon dernier ouvrage « Courir sans limites. La révolution de l’ultra-trail (1990-2025) », paru chez Outdoor édition. A retrouver sur France Média Groupe.


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