Dans cet article du Dauphiné Libéré, paru le 16 juin 2026, j’ai été interviewé sur la manière dont les organisateurs de trail isérois tentent de réduire l’impact environnemental de leurs épreuves. Je connais bien ces démarches, puisque j’ai audité l’été dernier celle de L’Échappée belle, qui traverse la chaîne de Belledonne, et que j’accompagne cette année l’Ultra tour des 4 massifs (UT4M), au départ de Grenoble. Ceux qui font appel à moi ne sont pas les grosses machines qui pratiquent le greenwashing, mais des structures moyennes qui souhaitent progresser sincèrement.
Le marché du trail a connu une telle expansion qu’il est devenu un enjeu économique pour les territoires. Il faut donc trouver un équilibre entre cette attractivité et l’impact écologique des événements, car la montagne est devenue un terrain de jeu, mais ses ressources restent limitées. Les organisateurs isérois ont déjà pris des mesures concrètes : limitation volontaire du nombre d’inscrits, navettes depuis les gares, tri des déchets, approvisionnement local des ravitaillements. Mais une difficulté demeure. Selon les événements, le transport représente entre 80 et 90 % des émissions de gaz à effet de serre. Sur une course comme l’UTMB, il faut compter les coureurs, mais aussi les accompagnants, les assistants, les médias et les influenceurs, soit parfois près de 100 000 personnes en une semaine.
J’ai moi-même beaucoup couru entre 2000 et 2018, avant d’arrêter la compétition, comme je le raconte dans mon ouvrage Courir sans limites. La révolution de l’Ultra-Trail (1990-2025). C’est en prenant conscience des atteintes à l’environnement que j’ai commencé à interroger le sens de ces pratiques. Car la contradiction est réelle : beaucoup de coureurs mettent de côté leurs convictions personnelles pour inscrire une course prestigieuse à leur palmarès, quitte à traverser des océans.
Pour avancer, je crois qu’il faut repenser la manière dont on attribue les dossards. Le système actuel favorise les plus rapides et ceux qui ont les moyens de multiplier les tentatives. Pourquoi ne pas imaginer qu’une course déjà terminée, comme la Diagonale des Fous, ne puisse plus faire l’objet d’une nouvelle inscription ? C’est notre mode de consommation du trail qu’il faut remettre en question, en travaillant ensemble à partir des territoires, et en associant davantage les acteurs environnementaux.

Si cet article vous donne envie d’en savoir davantage, vous pouvez commander mon dernier ouvrage : « Courir sans limites. La révolution de l’Ultra-Trail (1990-2025) » qui évoque les enjeux de l’ultra-trail des années 1980 à aujourd’hui. A retrouver sur France Média Groupe.
